Les chiffres canadiens contredisent la théorie du vapotage comme porte d'entrée vers le vapotage.

Santé Canada a mis à jour ses outil national de données sur le tabac et le vapotage Cette année, les chiffres concernant les jeunes sont préoccupants. En 2024, 3,61 % des adolescents canadiens âgés de 12 à 17 ans avaient déjà fumé une cigarette. Parmi eux, 1,51 % fumaient régulièrement, que ce soit quotidiennement, occasionnellement ou non. Cinq ans plus tôt, en 2019, la situation était nettement plus alarmante : 5,21 % avaient déjà fumé au moins une fois et 2,11 % étaient des fumeurs réguliers. Le tabagisme chez les adolescents canadiens est en baisse, et cette tendance s’est poursuivie au fil des ans, même lorsque le vapotage était le mode de consommation le plus répandu chez les jeunes.

Ce dernier point est celui que la théorie de la passerelle n'a jamais pu expliquer.

L'année où le vapotage a atteint son apogée a également été une année de baisse continue du tabagisme.

En 2019, 13,11 000 adolescents canadiens ont déclaré avoir vapoté au cours des 30 derniers jours, soit le taux le plus élevé de cet ensemble de données. Si le vapotage servait de tremplin vers la cigarette, comme le prétendent depuis longtemps les partisans de l’interdiction des arômes, on aurait dû observer une hausse du tabagisme chez les adolescents un ou deux ans plus tard. Or, le vapotage chez les jeunes a chuté à 7,11 000 en 2023 et à 5,81 000 en 2024, tandis que le tabagisme chez les adolescents continuait de diminuer, atteignant 1,61 000 puis 1,51 000. Ces deux chiffres ont évolué dans le même sens, de concert, pendant cinq années consécutives. Une théorie selon laquelle le vapotage banalise la cigarette chez les adolescents suppose que ces deux courbes divergent à un moment donné. Ce qui n’a pas été le cas.

Même les données actuelles le confirment. En 2024, au Canada, davantage d'adolescents ont vapoté au cours du mois précédent (5,81 TP4T) qu'ils n'ont fumé (1,51 TP4T), y compris ceux qui n'avaient essayé la cigarette qu'une seule fois (le tabagisme expérimental représente 1,81 TP4T, soit à peu près la même proportion que le tabagisme actuel). Si le vapotage incitait discrètement les jeunes à fumer, cet écart devrait se réduire à mesure que la génération des vapoteurs grandit. Or, il se creuse.

Les adultes racontent une version plus calme de la même histoire

Les données concernant les adultes sont moins souvent citées dans ce débat, mais elles sont pourtant essentielles. Le nombre de fumeurs adultes s'élevait à 11,21 000 en 2024, en légère baisse par rapport aux 11,51 000 de l'année précédente. Le vapotage chez les adultes a à peine varié durant la même période, passant de 6,21 000 à 5,91 000. On n'observe pas non plus d'augmentation du vapotage, mais plutôt un déclin lent et constant du tabagisme chez les personnes en âge légal d'acheter une cigarette électronique. Près de 231 000 adultes canadiens sont d'anciens fumeurs. Quelle que soit la cause de cette baisse, il ne s'agit pas d'une vague de nouveaux fumeurs adolescents liée aux cigarettes électroniques, car les données confirmant cette affirmation font toujours défaut.

La politique fondée sur cette théorie est toujours en vigueur.

Rien de tout cela n'est nouveau pour quiconque a lu les travaux de WVA sur le sujet. Le vapotage et le mythe de la passerelle On a soutenu en 2023 que les adolescents ne passent pas du vapotage au tabagisme et que les restrictions sur les arômes présentées comme une mesure de protection de l'enfance ne répondent à aucune problématique étayée par les données probantes. Les chiffres canadiens de 2024 apportent un éclairage nouveau : des données nationales actualisées qui confirment les tendances année après année, bien après que le débat politique ait initialement supposé une issue différente.

Des mesures telles que l'interdiction des arômes, l'alignement des taxes sur les cigarettes électroniques et les cigarettes classiques, et des restrictions strictes en matière de marketing reposent sur l'affirmation que le vapotage est tout aussi risqué pour les adolescents que le tabagisme. Or, les données démontrent le contraire. La prochaine version de cette législation devrait s'appuyer sur les résultats d'une enquête nationale de santé publique menée sur cinq ans avant d'être élaborée, et non sur cinq années de craintes non vérifiées.

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