L’OLAF, l’Office européen de lutte antifraude, vient d’annoncer que saisie de tabac illicite Une saisie de plus de 10 millions d'euros. Cinquante personnes ont été arrêtées. C'est une victoire contre le crime organisé, mais probablement une goutte d'eau dans l'océan des produits illicites à base de nicotine.
Le directeur général de l'OLAF, Petr Klement, a déclaré : “ Fumer est dangereux, mais fumer des cigarettes de contrefaçon l'est encore plus. Outre les dommages causés à la santé, chaque cigarette illicite prive les contribuables et enrichit le crime organisé. C'est pourquoi l'OLAF existe : pour détecter les trafics illicites et contribuer au renseignement et à la coordination transfrontaliers. ” Monsieur Klement, nous reviendrons sur votre décision.
Plus tôt cette année, une étude menée par le Institut Fraunhofer On a constaté le même problème sur un second marché. Il ne s'agit pas seulement d'un problème lié au tabac. Le marché noir des produits de vapotage se développe tout aussi rapidement. Selon une étude, près de la moitié des produits de vapotage consommés dans l'UE font désormais l'objet d'un commerce illégal, pour une valeur d'environ 6,6 milliards d'euros. Si rien ne change, ce chiffre pourrait atteindre 11 milliards d'euros d'ici 2030.
Là où il y a de l'argent à gagner, les gens malhonnêtes apparaissent. La question est de savoir comment y remédier.
Une solution consiste à adopter des lois plus répressives : amendes plus élevées, peines de prison pour les contrebandiers et, à terme, criminalisation du consommateur. C’est ce que certains pays de l’UE tentent de faire, sans succès.
Aux Pays-Bas, un an après l'interdiction des arômes, Le vapotage chez les mineurs a plus que doublé., La consommation de cigarettes a augmenté, passant de 3,7 % à 7,6 %. 27 % des anciens vapoteurs ont déclaré fumer davantage ou avoir recommencé à vapoter depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction. Voilà le véritable impact sur la santé : moins de vapoteurs, plus de fumeurs et plus d'enfants qui vapotent.
Comment cela se produit-il ? Parce que l’interdiction n’a pas fait disparaître les produits. Elle les a simplement déplacés. 42 % des détaillants inspectés étaient en infraction, et 8 consommateurs sur 10 ont déclaré que les cigarettes électroniques aromatisées restent très faciles à se procurer. Où ? Au marché noir, évidemment. Ainsi, le gouvernement néerlandais alimente activement le marché noir par ses interdictions, tout en détériorant la santé publique.
D'autres pays débattent d'interdictions similaires, et certains ont déjà pris des mesures contre les sachets de nicotine. Ils sont totalement interdits en Belgique, aux Pays-Bas et, depuis avril, en France. L'Allemagne s'oriente dans la même direction avec une interdiction de facto de la vente sur le marché intérieur, même si l'usage personnel reste légal. La France va plus loin et criminalise directement le consommateur. Être pris en possession d'une boîte de nicotine expose à une amende et à une peine de prison. Les peines maximales prévues par la loi s'élèvent à cinq ans de prison et 375 000 euros. Ces mesures parviendront-elles à éradiquer la demande de nicotine ? Peu probable. L'être humain consomme de la nicotine depuis des siècles, et aucun décret gouvernemental ne pourra faire disparaître cette dépendance. Ces interdictions ne font donc qu'alimenter le trafic de drogue.
Ce qui nous ramène à Petr Klement. Le directeur général de l'OLAF sait précisément d'où provient le commerce illicite. C'est donc lui, plus que quiconque, qui devrait s'opposer à de nouvelles interdictions, au lieu de se réjouir des saisies qu'elles rendent inévitables. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une réglementation raisonnable et respectueuse des consommateurs. Les adultes devraient pouvoir acheter ces alternatives moins nocives dans des commerces agréés, et non dans des ruelles sombres ou à la sauvette.
Cela paraît simple. Malheureusement, la Commission européenne s'apprête à réitérer l'échec de la prohibition. Des mises à jour de la directive européenne sur les produits du tabac et de la directive sur les accises sont actuellement à l'étude. Et chaque proposition de la Commission se résume au même réflexe : taxer jusqu'à l'éliminer, réglementer jusqu'à l'éliminer, et si cela s'avère impossible, interdire purement et simplement. Si la Commission obtient gain de cause, le tabagisme augmentera, car l'accès à des alternatives moins nocives se raréfiera, et un marché noir florissant s'y ajoutera.
Voici donc une lueur d'espoir : que, quelque part en coulisses, l'OLAF assure à la Commission qu'elle n'a pas besoin de travail supplémentaire. Chaque nouvelle interdiction est un cadeau aux trafiquants que l'OLAF a pour mission de traquer. Leur céder le marché de la nicotine, ce n'est pas lutter contre la criminalité, c'est créer des emplois.